Das deutsche Ultimatum
Das deutsche Ultimatum an Belgien im französischen Originalwortlaut :Le Gouvernement allemand a reçu des nouvelles sûres d'après lesquelles les forces françaises auraient l'intention de marcher par la Meuse sur Givet et Namur. Ces nouvelles ne laissent aucun doute sur l'intention de la France de marcher sur l'Allemagne par territoire belge. Le Gouvernement allemand ne peut s'empêcher de craindre que la Belgique, malgré la meilleure volonté, ne sera pas en mesure de repousser sans secours une marche en avant française d un si grand développement. Dans ce fait on trouve une certitude suffisante d'une menace dirigée contre l'Allemagne.
C'est un devoir impérieux de conservation pour l'Allemagne de prévenir cette attaque.
Le Gouvernement allemand regretterait très vivement que la Belgique regardât comme un acte d'hostilité contre elle le fait que les mesures des ennemies de l'Allemagne l'oblige de violer de son côté le territoire belge.
Afin de dissiper tout malentendu, le Gouvernement allemand déclare ce qui suit:
1. L'Allemagne n'a en vue aucun acte d'hostilité contre la Belgique, si la Belgique consent dans la guerre qui va commencer à prendre une attitude de neutralité bienveillante vis-à-vis de l'Allemagne; le Gouvernement allemand de son côté s'engage au moment de la paix à garantir le royaume et ses possessions dans toute leur étendue.
2. L'Allemagne s'engage sous la condition énoncée à évacuer le territoire belge aussitôt la paix conclue.
3. Si la Belgique observe une attitude amicale, l'Allemagne est prête, d'accord avec le Gouvernement belge, à acheter contre argent comptant tout ce qui serait nécessaire à ses troupes et à indemniser tout le dommage causé en Belgique.
4. Si la Belgique se comporte d'une manière hostile contre les Allemands et particulièrement fait des difficultés à leur marche en avant par une opposition des fortifications de la Meuse ou par des destructions de routes, chemins de fer, &c., l'Allemagne sera obligée de considérer la Belgique en ennemie; en ce cas l'Allemagne ne prendra aucun engagement vis-à-vis du royaume, mais elle laissera le règlement ultérieur des rapports des deux États l'un vis-à-vis de l'autre à la décision des armes. Le Gouvernement allemand a l'espoir justifié que cette éventualité ne se produira pas et que le Gouvernement belge saura prendre les mesures appropriées pour l'empêcher de se produire. Dans ce cas, les relations d'amitié qui unissent les deux États voisins deviendront plus étroites et durables.
Die deutsche Übersetzung des Ultimatums
Kaiserlich Brüssel, den 2. August 1914Deutsche Gesandschaft
in Belgien. Très Confidentiel
Der Kaiserlichen Regierung liegen zuverlässige Nachrichten vor über den beabsichtigten Aufmarsch französischer Streitkäfte an der Maas-Strecke Givet-Namur. Sie lassen keinen Zweifel über die Absicht Frankreichs, durch belgisches Gebiet gegen Deutschland vorzugehen.
Die Kaiserliche Regierung kann sich der Besorgniss nicht erwehren, dass Belgien, trotz besten Willens nicht im Stande sein wird, ohne Hülfe einen französischen Vormarsch mit so grosser Aussicht auf erfolg abzuwehren, dass darin eine ausreichende Sicherheit gegen die Bedrohung Deutschlands gefunden werden kann. Es ist ein Gebot der Selbsterhaltung für Deutschland, dem feindlichen Angriff zuvorzukommen. Mit dem grössten Bedauern würde es daher die deutsche Regierung erfüllen, wenn Belgien einen Akt der Feindeligkeit gegen sich darin erblicken würde, dass die Massnahmen seiner Gegner Deutschland zwingen, zur Gegenwehr auch seinerseits belgisches Gebiet zu betreten.
Um jede Missdeutung auszuschliessen, erklärt die Kaiserliche Regierung das Folgende :
1.Deutschland beabsicht keinerlei Feindseligkeiten gegen Belgien. Ist Belgien gewillt, in dem bevorstehenden Kriege, deutschland gegenüber eine wohlwollende Neutralität einzunehmen, so verplichtet sich die deutsche Regierung, beim Friedensschluss Besitzstand und Unabhängigkeit des Köningreichs im vollem Umfang zu garantieren.
2.Deutschland verflichtet sich unter obiger Voraussetzung, das Gebiet des Königreichs wieder zu räumen, sobald der Friede geschlossen ist.
3.Bei einer freundschaftlicher Haltung Belgiens ist Deutschland bereit, im Einvernehmen mit dem Königlich-Belgischen Behörden alle Bedürfnisse seiner Truppen gegen Barzahlung anzukaufen und jeden Schaden ersetzen, der etwa durch deutsche Truppen verursacht werden könnte.
4.Sollte Belgien den deutschen Truppen feindlich entgegen treten, insbesondere ihrem Vorgehen durch Widerstand der Maas-Befestigungen oder durch Zerstörungen von Eisenbahnen, Strassen, Tunneln oder sonstigen Kunstbauten Schwierigkeiten bereiten, so wird Deutschland zu seinem Bedauern gezwungen sein, das Königreich als Feind zu betrachten. In diesem Falle würde Deutschland dem Königreich gegenüber keine Verflichtungen übernehmen können, sondern müsste die spätere Regelung des Verhältnisses beider Staaten zu einander der Entscheidung der Waffen überlassen.
Die Kaiserliche Regierung giebt sich der bestimmten Hoffnung hin, dass diese Eventualität nicht eintreten, und dass die Königlich-Belgische Regierung die geeigneten Massnahmen zu treffen wissen wird, um zu verhindern, das Vorkommnisse, wie die vorstehend erwähnten, sich ereignen. In diesem Falle würden die freundschaflichen Bande, die beide Nachbarstaaten verbinden, eine weitere und dauernde Festigung erfahren.
Antwort der belgischen Regierung auf das deutsche Ultimatum.:
Par sa note du 2 août, le Gouvernement allemand a fait connaître que, d'après des nouvelles sûres, les forces françaises auraient l'intention de marcher sur la Meuse par Givet et Namur, et que la Belgique, malgré sa meilleure volonté, ne serait pas en état de repousser sans secours une marche en avant des troupes françaises. Le Gouvernement allemand s'estimerait dans l'obligation de prévenir cette attaque et de violer le territoire belge. Dans ces conditions, l'Allemagne propose au Gouvernement du Roi de prendre vis-à-vis d'elle une attitude amicale et s'engage, au moment de la paix, à garantir l'intégrité du royaume et de ses possessions dans toute leur étendue. La note ajoute que si la Belgique fait des difficultés à la marche en avant des troupes allemandes, l'Allemagne sera obligée de la considérer comme ennemie et de laisser le règlement ultérieur des deux États l'un vis-à-vis de l'autre à la décision des armes.
Cette note a provoqué chez le Gouvernement du Roi un profond et douloureux étonnement.
Les intentions qu'elle attribue à la France sont en contradiction avec les déclarations formelles qui nous ont été faites le 1 août au nom du Gouvernement de la république.
D'ailleurs si, contrairement à notre attente, une violation de la neutralité belge venait à être commise par la France, la Belgique remplirait tous ses devoirs internationaux et son armée opposerait à l'envahisseur la plus rigoureuse résistance.
Les traités de 1839, confirmés par les traités de 1870, consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique, sous la garantie des Puissances, et notamment du Gouvernement de Sa Majesté le Roi de Prusse.
La Belgique a toujours été fidèle à ses obligations internationales; elle a accompli ses devoirs dans un esprit de loyale impartialité; elle n'a négligé aucun effort pour maintenir et faire respecter sa neutralité.
L'atteinte à son indépendance dont la menace le Gouvernement allemand, constituerait une flagrante violation du droit des gens. Aucun intérêt stratégique ne justifie la violation du droit.
Le Gouvernement belge en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe.
Conscient du rôle que la Belgique joue depuis plus de quatre-vingts ans dans la civilisation du monde, il se refuse à croire que l'indépendance de la Belgique ne puisse être conservée qu'au prix de la violation de sa neutralité.
Si cet espoir était déçu, le Gouvernement belge est fermement décidé à repousser par tous les moyens en son pouvoir toute atteinte à son droit.
Par sa note du 2 août, le Gouvernement allemand a fait connaître que, d'après des nouvelles sûres, les forces françaises auraient l'intention de marcher sur la Meuse par Givet et Namur, et que la Belgique, malgré sa meilleure volonté, ne serait pas en état de repousser sans secours une marche en avant des troupes françaises. Le Gouvernement allemand s'estimerait dans l'obligation de prévenir cette attaque et de violer le territoire belge. Dans ces conditions, l'Allemagne propose au Gouvernement du Roi de prendre vis-à-vis d'elle une attitude amicale et s'engage, au moment de la paix, à garantir l'intégrité du royaume et de ses possessions dans toute leur étendue. La note ajoute que si la Belgique fait des difficultés à la marche en avant des troupes allemandes, l'Allemagne sera obligée de la considérer comme ennemie et de laisser le règlement ultérieur des deux États l'un vis-à-vis de l'autre à la décision des armes.
Cette note a provoqué chez le Gouvernement du Roi un profond et douloureux étonnement.
Les intentions qu'elle attribue à la France sont en contradiction avec les déclarations formelles qui nous ont été faites le 1 août au nom du Gouvernement de la république.
D'ailleurs si, contrairement à notre attente, une violation de la neutralité belge venait à être commise par la France, la Belgique remplirait tous ses devoirs internationaux et son armée opposerait à l'envahisseur la plus rigoureuse résistance.
Les traités de 1839, confirmés par les traités de 1870, consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique, sous la garantie des Puissances, et notamment du Gouvernement de Sa Majesté le Roi de Prusse.
La Belgique a toujours été fidèle à ses obligations internationales; elle a accompli ses devoirs dans un esprit de loyale impartialité; elle n'a négligé aucun effort pour maintenir et faire respecter sa neutralité.
L'atteinte à son indépendance dont la menace le Gouvernement allemand, constituerait une flagrante violation du droit des gens. Aucun intérêt stratégique ne justifie la violation du droit.
Le Gouvernement belge en acceptant les propositions qui lui sont notifiées, sacrifierait l'honneur de la nation en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe.
Conscient du rôle que la Belgique joue depuis plus de quatre-vingts ans dans la civilisation du monde, il se refuse à croire que l'indépendance de la Belgique ne puisse être conservée qu'au prix de la violation de sa neutralité.
Si cet espoir était déçu, le Gouvernement belge est fermement décidé à repousser par tous les moyens en son pouvoir toute atteinte à son droit.
